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Chapitre VII : Calculs des équations aux dérivées partielles



Plan

1. Position du Problème

2. Expression des dérivées partielles

3. Conditions aux limites
    3.1. Cas où le contour suit le maillage
    3.2. Cas où le contour est quelconque

4. Équations du premier ordre : Méthode des caractéristiques
    4.1. Courbes caractéristiques associées à une équations du premier ordre
    4.2. Exemples de problèmes liés aux conditions aux limites
    4.3. Système d'équations du premier ordre

5. Équations du second ordre

6. Équations elliptiques

7. Problèmes en coordonnées cylindriques

8. Discrétisation de l'équation de la Conduction en régime instationnaire


1. Position du Problème

Dans la pratique, la plupart des équations aux dérivées partielles sont du premier ou du second ordre à deux variables indépendantes, et l’extension de ces équations à un ordre plus élevé ne pose aucun problème pour la résolution. Si  est une fonction des variables  et , alors les équations aux dérivées partielles font intervenir  et .

Dans la suite, nous exprimons ces quantités en fonction de leurs expressions établies à l’aide des différences finies. Les contours du domaine de la fonction  permettent de donner les conditions aux limites.
 

2. Expression des dérivées partielles

Pour calculer , on utilise les points situés de part et d’autre de . Considérons les développements en séries de Taylor autour de , de la fonction  :

Posons  où  est l’un des points de la figure 1 ci-dessous :


Fig. 1 : Maillage utilisé en différences finies

Pour  et , on obtient à partir du développement précédent à l’ordre 2 les dérivées partielles premières :
soit :

                                                                                                                                                                                 (1)

On a également :

soit :

                                                                                                                                                                                (2)

En additionnant les développements en séries de Taylor des fonctions  et  à l’ordre 2, on obtient les dérivées partielles secondes :

soit :


soit :

Pour l’obtention des dérivées croisées,  par exemple, on applique successivement les équations (1) et (2) :

Soit :


 

3. Conditions aux limites

Dans le cas de plusieurs variables indépendantes, la limite représente le contour dans le cas de deux variables, la surface dans le cas de trois variables, etc. En général, on impose sur le contour (en tout point), des conditions portant soit sur la fonction  (problème de Dirichlet), soit sur le gradient de  : (, problème de Neumann).

3.1. Cas où le contour suit le maillage

Dans la majorité des cas, le contour est constitué (ou approché) par des segments de droites qui suivent le maillage. Les conditions aux limites s'expriment de la même façon que dans le cas des équations différentielles (chapitre précédents).


Fig. 2 : Contour suivant le maillage

3.2. Cas où le contour est quelconque

Un contour quelconque est remplacé par la ligne polygonale la plus voisine. Dans le cas de la figure 3 ci-dessous, c'est Aa, bB, Cc, dE, Ee, etc. Ainsi les équations du paragraphe précédent, faisant intervenir les dérivées partielles, et écrites pour tous les points intérieurs A,B, C, etc., font intervenir les points extérieurs a, b, c, etc. Les conditions aux limites fournissent des conditions supplémentaires sur ces points extérieurs.

Sur le contour, il faut interpoler  à partir des nœuds voisins à l'aide de la formule de Gregory-Newton par exemple.


Fig. 3 : Contour quelconque

4. Équations du premier ordre : Méthode des caractéristiques

On s'intéresse ici aux équations du premier ordre qui sont quasi-linéaires et de la forme :

où 

Les coefficients  et  ne dépendent ni de  ni de . À cette équation, il faut ajouter les conditions aux limites.
 

4.1. Courbes caractéristiques associées à une équations du premier ordre

L'équation précédente à résoudre est de la forme :

Considérons les vecteurs  et  suivants :

Cette équation se réduit à :. Ainsi,  est un vecteur tangent à la surface  représentative de la solution .

Le vecteur  parallèle à  est :                                                                          (1)

Les courbes  et  obtenues à partir de ces équations sont appelées des courbes caractéristiques.
La méthode caractéristique consiste à remplacer l'équation aux dérivées partielles précédente par un ensemble d'équations de la forme :


Ainsi, la solution recherchée satisfait à :


 

4.2. Exemples de problèmes liés aux conditions aux limites

Exemple 1:

Soit à résoudre la simple équation aux dérivées partielles suivantes :

En se reportant au paragraphe précédent, on a :

L'équation (1) s'écrit alors :

Cette équation est remplacée par deux autres équations :

                                                                                                                                                     (3)

D'après la première équation du système (3), les caractéristiques sont des droites parallèles. Ainsi, l'expression de  devient :

Les constantes  et  (ou ) sont déterminées à partir des conditions aux limites.

Exemple 2:
Soit à résoudre l'équation différentielle suivante :

Dans cette équation :  et .

D'où :

L'équation des caractéristiques est :

Les conditions aux limites donnent :

D'où la solution :

Les constantes  et  sont déterminées par les conditions aux limites.
 

4.3. Système d'équations du premier ordre

Soit le système suivant liant les dérivées des fonctions  et  :

                                                                                                                                         (4)

où les coefficients peuvent dépendre de  et , mais pas de  ni de  et  sont supposées connues sur une courbe .

Suivant la procédure décrite dans le paragraphe précédent, on peut écrire :

                                                                                                                                                                     (5)

Les systèmes (4) et (5) ne définissent pas les 4 inconnues  et  de manière unique, seulement s'ils sont linéairement dépendants; c'est à dire si le déterminant est nul.
 
 
1) 

En divisant le déterminant par , on obtient une équation du second degré en , dont la solution est l'équation différentielle des caractéristiques.

2) En remplaçant dans le déterminant la dernière colonne par celle du second membre, on obtient :

et par intégration, on obtient les valeurs de  et de  le long des caractéristiques.
 

5. Équations du second ordre

Soit l'équation aux dérivées partielles suivante :

                                                                                                                                                                     (6)

et  peuvent dépendre de , et , mais pas des dérivées secondes de la fonction .

Posons :

                         et : 

L'équation (6) devient :

                                                                                                                                                                                     (7)

avec :

                                                                                                                                                                                   (8)

Les équations (7) et (8) comportent 3 inconnues  et . La solution n'est pas unique si .
 

soit :
                                                                                                                                                                     (9)

Lorsque l'équation (10) est vérifiée, le système (7) et (8) n'admet pas de solution sauf si les autres déterminants du système sont nuls : c'est à dire en remplaçant dans le déterminant précédent la deuxième colonne par la colonne du second membre de l'équation :

                                                                                                                              (10)

Pour pouvoir utiliser la méthode des caractéristiques, il faut que les racines de l'équation (9) soient réelles.
En conséquence, les 3 cas suivants présentent :


6. Équations elliptiques

Dans cette partie, on montre comment on discrétise une équation aux dérivées partielles elliptique avec des conditions aux limites, dans le but de la transformer en un système de  équations à  inconnues.

La mise en équation à l'aide des différences finies comporte les étapes suivantes :
 


Ainsi, on obtient un système de  équations à  inconnues.

Exemple :

Résoudre l'équation de Laplace suivante :

avec les conditions aux limites suivantes :

                 et 


Fig. 4 : Définition du maillage
D'après les conditions aux limites imposées, l'équation précédente s'écrit pour  et  :

Les valeurs  et  donnent dans l'équation précédente :

Pour  à , on a :


 

à l'ordre 4 s'écrit :

Soit :

On continue ainsi à exprimer les conditions aux limites, ce qui donne :

Pour , on obtient :

Les équations précédentes constituent un ensemble de  équations. Pour  variant entre 0 et , on obtient  équations à  inconnues (valeurs de  dans les nœuds intérieurs au domaine). Ce système d'équations peut être résolu par exemple par la méthode de Gauss-Seidel (méthode itérative).
 

Principe de la méthode :

Après multiplication par  et regroupement des termes, l'équation discritisée peut s'écrire sous la forme :

Le coefficient  est le plus grand en module. Donc :


 

Pour , on obtient :

Pour résoudre l'équation discritisée, on applique le procédé d'itérations de Gauss-Seidel (méthode explicite). Pour cela, on se donne une valeur (distribution) arbitraire initiale , qui portée dans l'équation (19) au second membre pour chaque couple , donne une nouvelle valeur , et ainsi de suite. L'arrêt des calculs se fait quand  où  est la limite de convergence que l'on se donne.

Dans le cas de l'équation de Laplace, le procédé converge toujours. Pour d'autres équations plus compliquées, ce procédé de convergence pourra diverger. Dans ce cas, on utilise un facteur de relaxation . En général, la convergence est plus rapide lorsqu'on utilise un procédé de relaxation  (où ).
 

7. Problèmes en coordonnées cylindriques

Considérons l'équation de la conduction de la chaleur exprimée en coordonnées cartésiennes :

En coordonnées polaires, cette équation s'écrit sous la forme :

sur la domaine 

Sur ce domaine , on construit un maillage en coordonnées polaires comme le montre la figure 5 ci-dessous, avec  et  où  et  sont des entiers.


Fig. 5 : Système de maillage en coordonnées polaires










Ainsi, la température  et la fonction  deviennent au point  :

Pour des valeurs non nulles de , les dérivées secondes de  par rapport à  et  s'écrivent sous la forme disrétisée suivante :

En utilisant les différences centrées,  peut s'écrire au point  sous la forme :

Ainsi, l'équation de la chaleur discrétisée est :

Soit, après regroupement des différents termes :


 

C'est l'équation de conduction de la chaleur discrétisée (différences finies) en coordonnées cylindriques, obtenue pour des valeurs de  non nulles (). Les indices  et  sont des entiers (commençant par 1 dans Matlab).

A l'origine (), l'équation de la conduction en coordonnées polaires présente une singularité. Cette dernière doit être éliminée. Pour cela, on utilise le Laplacien de l'équation de la conduction non pas en coordonnées cylindriques, mais en coordonnées cartésiennes :

quand 

On construit ensuite un cercle de rayon , centré en . Considérons  la température à , et  et  sont les températures sur le cercle aux 4 nœuds (intersection avec les axes  et ). Ainsi, l'équation précédente (en coordonnées cartésiennes) s'écrit sur le cercle de rayon  :

La rotation des axes  et  autour de  conduit au mêmes résultats (équation de la chaleur en coordonnées cartésiennes discrétisée). En considérant  comme la moyenne arithmétique des températures autour du cercle de rayon , l'équation précédente devient :

à 

où  est la moyenne arithmétique des valeurs de  autour du cercle de rayon  et de centre  et  est la valeur de la température à .

Les coordonnées polaires  (deux dimensions) peuvent être extrapolées en coordonnées cylindriques (trois dimensions) pour l'obtention de l'équation de la conduction de la chaleur discrétisée.

Pour le problème bidimensionnel en  évoqué précédemment, compte tenu de la symétrie axiale, l'équation de la conduction de la chaleur peut être réduite à :

Pour , l'équation précédente discrétisée s'écrit sous la forme :

où , et  est un entier positif.

Au centre (), en utilisant la règle de l'Hopital nous obtenons :

D'où, l'équation de la conduction de la chaleur en deux dimensions , s'écrit compte tenu de la symétrie axiale du problème :

en 

soit en différences finies :

pour 

En coordonnées cylindriques, l'équation de la conduction de la chaleur est donnée par l'expression suivante :

Les coordonnées  sont représentées par :

où  et  sont des entiers.

La température  au nœud  est notée par :

et les différentes dérivées partielles deviennent :

L'équation de la chaleur discrétisée en coordonnées cylindriques au nœud  devient :

pour des valeurs de  non nulles.

Pour , on a :

et l'équation de conduction en  devient :

en 

Soit en utilisant les différences finies au nœud  :


 

8. Discrétisation de l'équation de la Conduction en régime instationnaire

Dans le système de coordonnées cartésiennes (trois dimensions), l'équation de conduction de la chaleur en régime instionnaire (temporel) s'écrit (si ) :

Pour résoudre cette équation aux dérivées partielles en utilisant la méthode des différences finies, on utilise un maillage cubique (mailles de côtés  avec :

où  et  sont entiers positifs, et le domaine temporel est divisé en petits intervalles de temps  de telle sorte que .

Dans ce cas, la température  au point  à un temps donné  est représentée par :

En utilisant la méthode des différences finies, les différents termes de l'équation ci-dessus au dérivées partielles s'écrivent au point  :

et l'équation de la conduction discrétisée en trois dimensions devient :

En regroupant les différents termes de cette équation, on obtient :

Cette équation ne peut être résolue que par une méthode itérative (méthode de Gauss-Seidel par exemple).

On pose :

La convergence de la solution recherchée est assurée si la quantité est strictement positive. Ainsi, le pas de temps  et les autres pas spatiaux (, et ) sont reliés par :

Pour amorcer le calcul itératif, on ensemence le domaine de frontière  par des valeurs arbitraires ( par exemple), et on arrête les calculs quand la condition est réalisée ( est une précision à fixer).