Formation des enseignants : une note « de cadrage » inacceptable

mardi 23 février 2010.
 

Dès la rentrée 2010, sans aucune formation professionnelle en amont, hormis un éventuel stage sur le terrain aux modalités aléatoires et disparates pour une minorité, les lauréats des concours de recrutement d’enseignants seront nommés en pleine responsabilité dans les établissements et avec un service plein.

Selon les informations filtrant dans la presse, le Ministère de l’Éducation Nationale, dans une note de cadrage aux recteurs, indiquerait les « principes généraux » dont devront « s’inspirer » les recteurs pour définir les conditions d’accueil et de formation des fonctionnaires stagiaires à la rentrée. Renonçant à tout véritable cadrage, le ministère se contenterait de simples préconisations à décliner dans chaque académie et chaque département en fonction de la situation locale. Un accueil des nouveaux nommés serait effectué avant le 30 août sur la base du volontariat. Ensuite, « une formation fondée sur le compagnonnage avec un tuteur » tout au long de l’année scolaire serait assurée par des personnels d’enseignement et d’éducation expérimentés - selon les termes du ministère - et devrait être pilotée par les corps d’inspection ou de direction. Pour les périodes de formation (groupées ou filées) prévues sous l’autorité du recteur, le rôle de l’université n’apparaît pas, qu’il s’agisse des IUFM ou des UFR. Le 1/3 de formation, concédé l’an dernier par le gouvernement suite aux mobilisations, inclurait la formation par compagnonnage sans même donner d’indication sur la part dévolue aux périodes de formation groupées ou filées. Selon les situations locales et le bon vouloir des recteurs, le 1/3 de formation pourrait se limiter au seul compagnonnage. C’est le pire des scénarios qui pouvait être imaginé. Pour la première fois depuis la Libération, ce seront des promotions entières d’enseignants et leurs élèves qui seront ainsi sacrifiées. C’est inacceptable : c’est de l’avenir des jeunes dont il s’agit !

Malgré l’obtention d’une année transitoire, qui aurait pu être mise à profit pour élaborer une tout autre réforme, le gouvernement s’obstine dans ses choix désastreux.

Le SNESUP exige, pour les lauréats dès les concours 2010, une année de véritable formation professionnelle, en tant que fonctionnaire stagiaire : 1/3 en établissement et 2/3 en formation. Cette formation doit commencer dès la rentrée et être mise en œuvre avec les universités, utilisant le potentiel des IUFM et des UFR.

Le SNESUP rappelle son exigence de retrait de la réforme actuelle, ainsi que du retrait de tous les textes d’application publiés, pour que puisse s’ouvrir une réelle négociation pour une tout autre réforme.

Paris, le 19 Février 2010



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