18 sept 2006 : Le CNESER demande la suspension des Centres pour les Etudes en France

vendredi 6 octobre 2006.
 

Motion présentée par l’UNEF et adoptée par le CNESER du 18/09/06

Le CNESER demande la suspension des Centres pour les Etudes en France

Le ministère de l’éducation nationale et le ministère des affaires étrangères ont annoncé récemment la généralisation des Centres pour les études en France (CEF) dès la rentrée 2006.

Présentés comme des plates-formes de services mises en place par les ambassades pour assurer l’accueil, l’information et l’orientation des étudiants étrangers, les CEF sont en réalité des agences de surveillance et sélection des étudiants. En effet, Ces centres ont pour fonction de transmettre aux universités le dossier (non version papier) des étudiants désireux de s’inscrire dans ces établissements et de transmettre aux autorités consulaires la réponse des établissements concernés. Or chaque dossier comporte un avis individuel émis par les CEF à base d’un nouveau système multicritères : le projet d’études de haut niveau, le parcours académiques et personnels, les compétences linguistiques, les relations bilatérales ainsi que les intérêts de la France et du pays de l’étudiant étranger), s’ajoutant aux critères actuels (ressources, inscription dans un établissement d’enseignement, absence de menace à l’ordre public.

Placées devant le fait accompli les universités se sont vues proposer d’adhérer à ce dispositif, étant entendu que les universités qui n’y adhèrerait pas courraient le risque de voir leurs étudiants déboutés régulièrement de leur demande de visas par les autorités consulaires.

Présentés par le ministre de l’intérieur comme l’instrument de sa politique « d’immigration choisie », les CEF vont permettre d’instaurer des quotas de fait en fonction du pays d’origine des étudiants. La généralisation de ces centres soumet la politique internationale d’enseignement supérieure et de recherche de la France au seule prisme de la régulation des flux migratoires, au dépend de la nécessaire ouverture de notre système à l’international, et prive les universités de leurs prérogatives en matière d’évaluation des acquis pédagogiques.

Ce recrutement « choisi » nous paraît contraire à notre tradition d’accueil et viole délibérément l’autonomie des universités dont les équipes pédagogiques viennent en fin de parcours de la procédure pour émettre un avis. Ni les consulats, ni même les établissements des pays originaires n’ont compétence à recruter les étrangers désireux poursuivre les études en France.

Enfin, les CEF sont présentés comme le dispositif centrale de la future agence campus France annoncée récemment sans aucune concertation par le ministre des affaires étrangères, ce qui ne laisse pas d’inquiéter sur le rôle futur de cette agence.

Le CNESER demande la suspension de la généralisation des CEF tant que leur rôle ainsi que le rôle de l’agence campus France n’aura pas fait l’objet d’un débat large associant l’ensemble de la communauté universitaire et des acteurs de l’accueil des étudiants étrangers en France. En particulier les CEF doivent voire limiter leur rôle à l’information des étudiants l’expertise des système d’enseignement des pays étrangers, à la reconnaissance de certains diplôme (comme le bac) comme équivalent des diplômes français. Les CEF doivent être placés sous la tutelle du ministère de l’éducation nationale et ne doivent pas être autorisés à délivrer d’avis individuel concernant les étudiants, ni aux université, ni au consulat, mais simplement attester des démarches administratives effectuées.



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