21 aout 2006 : Non à l’expulsion d’Illya et de son père

lundi 21 août 2006.
 

Repéré mercredi 16 aout au cours d’un "banal" contrôle routier, M. PLOTNIKOV a été convoqué le lendemain avec son fils au commissariat du Croisic. Ils ont été transférés dans la foulée à Guérande puis au centre de rétention de Nantes ; ils sont depuis vendredi soir assignés à résidence au Croisic.

Le fils, Illya, jeune majeur de 20 ans, est étudiant à Rennes 1 en 2eme année Physique Chimie, après avoir obtenu son bac S au lycée de Guérande. Il parle parfaitement le français et est très bien intégré, comme le montre les nombreux témoignages déposés auprès du tribunal administratif et la forte affluence de ses camarades étudiants et lycéens lors de l’audience.

Aujourd’hui lundi 21 aout à 16h, le tribunal administratif de Nantes a refusé d’annuler l’arrêté de reconduite à la frontière pris par le préfet de Loire-Atlantique.

Les attendus du jugement, particulièrement choquants, affirment que l’Ukraine est un pays sûr, alors que le père témoigne avoir perdu en 1999 et 2000 ses deux fils ainés assassinés, sans que les autorités ne mènent d’enquête, ce qui a entrainé sa fuite du pays. Le jugement répond à cela qu’il n’est pas en danger du fait des autorités de son pays et qu’il ne peut donc pas prétendre à la protection de la convention européenne des droits de l’homme, et que la preuve en est que l’Ukraine lui a donné un passeport pour quitter le pays... Ubuesque !

Le fils Illya est ainsi arrivé en France en 2002 avec son père. Tous les deux se sont reconstruits, intégrés, ont appris à parler le francais. Lui fait des études et aujourd’hui risque l’expulsion.

Nous, universitaires, ne pouvons accepter, qu’un étudiant soit menacé d’expulsion au cours de ses études. Nous sommes choqués par l’urgence de la procédure déclenchée au coeur de l’été pendant les congés universitaires. Nous demandons à la préfecture de Nantes la suspension immédiate de son arrêté de reconduite à la frontière. L’Université doit rester le lieu des échanges internationaux et se doit dans le respect de ses valeurs universalistes d’accueillir les étudiants étrangers.

Nous appelons les collègues à se mobiliser nombreux autour d’Illya
-  en participant à la manifestation jeudi 24 aout à 18h devant la préfecture de Nantes
-  en constituant un collectif local du Réseau université sans frontière , pour aider Illya et les étudiants qui pourraient être menacés à leur tour.



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